VIRAGE PRÉVENTIF : INTÉGRER LES COMPLÉMENTAIRES SANTÉ

17 novembre 2017

"Les organismes d’assurance complémentaire santé sont un facteur clé du succès du virage préventif."

Comparativement aux pays de même niveau de vie, l’état de santé en France reste globalement bon. Toutefois les indicateurs liés à la prévention et à la promotion de la santé, sont eux plutôt médiocres.
La politique de prévention annoncée par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, devra privilégier des actions sur les déterminants de santé.

Autrement dit, ces facteurs qui impactent l’état de santé de la population, dont ceux, nombreux, n’ayant pas nécessairement de lien direct avec le système de soins, tels que les facteurs environnementaux :

  • alimentation,
  • logement,
  • éducation, 
  • travail...

Le succès du virage préventif, implique donc de raisonner sur l’ensemble des compétences mobilisables, dans chaque profession comme dans chaque lieu (Protection maternelle et infantile, maison de santé, école). L’intégration accrue des organismes de complémentaire santé dans l’élaboration et la mise en oeuvre des futures politiques de promotion de la santé est un autre facteur de succès.

Ces derniers participent déjà aux actions de prévention et de promotion :

  • en participant en complément de l’Assurancemaladie à la couverture du dépistage ou de vaccination ;
  • en assumant des prises en charge à titre supplémentaire telles que les consultations chez le nutritionniste ou le podologue ;
  • en développant des services de prévention et de promotion de la santé à destination des assurés…

Avec la généralisation de la couverture santé complémentaire, portée depuis 2013 par l’Accord national interprofessionnel (ANI), l’enjeu de la participation des organismes complémentaires en matière de prévention s’est encore renforcé. Une articulation plus forte des efforts de prévention, en dehors et dans l’entreprise, est essentielle pour répondre aux problématiques de santé au travail. C’est par le dialogue social au niveau des entreprises et des branches, grâce à l’expertise des acteurs, que les politiques de prévention seront adaptées aux situations de travail.

Enfin, n’oublions pas le rôle des usagers et des patients : leur expérience est indispensable pour mieux appréhender la prise en charge des maladies chroniques. L’épisode récent de « l’hésitation vaccinale », témoigne de la nécessité de les inclure davantage dans les démarches de prévention.

CHRISTINE LECERF

SECRÉTAIRE GÉNÉRALE ADJOINTE EN CHARGE DE L’ASSURANCE MALADIE AU SEIN DE LA CFTC