Faire de la révolution numérique une transition juste

25 avril 2018

« Ce défi est clairement lancé à l’ensemble des acteurs de Protection sociale », Jocelyne CABANAL, Secrétaire nationale de la CFDT

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De la digitalisation à la robotisation en passant par l’intelligence artifi cielle ou le big data, ce qu’on appelle le numérique constitue une véritable mutation et touche la société toute entière. La façon dont la Protection Sociale abordera cette révolution pèsera lourd dans l’impact du numérique sur la cohésion sociale, la justice sociale. Comme pour d’autres mutations, pour la CFDT, la prise en compte du numérique ne peut être satisfaisante, sans créer les conditions d’une transition juste, de la lutte contre les inégalités, et de l’émancipation, individuelle comme collective. Comment capitaliser sur les solutions qu’il nous apporte, et maitriser les éventuels eff ets pervers pour faire de la révolution numérique l’occasion de progrès social ? Les transformations devront donc être réalisées dans le cadre de principes généraux qu’il est urgent de définir collectivement. Au-delà de la problématique « données », je pense à la lutte contre la fracture numérique, au nécessaire débat public pour construire les orientations de l’action publique avec ceux à qui elle est destinée, comme avec ceux qui la produisent.


La révolution numérique passe souvent par la mise en oeuvre d’outils nouveaux, ou de processus tellement innovants, qu’on en oublie bien souvent que la novation a une histoire, qu’elle organise un « avant » et un « après ». Et que dans cet espace-temps, une « transition » est à l’oeuvre qu’il faut organiser et dont il faut s’assurer qu’elle aussi est source de progrès. Au-delà de la construction du focus légitime sur la cible, il faut rendre possible cette transition juste.


Il s’agit de se donner les moyens d’une anticipation lorsqu’elle est possible, d’une capacité collective de réaction et d’adaptation, en mettant les personnes au coeur des dispositifs, qu’ils soient usagers ou professionnels. Nous le savons, ce défi est clairement lancé à l’ensemble des acteurs de la protection sociale. Il reste difficile aujourd’hui de bien appréhender la place qui lui est donnée face aux secousses provoquées par les recompositions économiques des opérateurs.