quelles affections psychiques sont reconnues ? © iStock by Getty Images

Santé au travail : quelles affections psychiques sont reconnues ?

25 avril 2018

Dans une étude inédite rendue publique en janvier dernier, l’Assurance Maladie - Risques professionnels fait état d’une forte hausse des affections psychiques en entreprise et avance des pistes d’actions pour mieux les prévenir et les détecter.

Troubles anxieux, dépressions, état de stress post-traumatique… Plus de 10 000 cas d’affections psychiques ont été reconnus en 2016 au titre des accidents du travail et près de 600 comme maladies professionnelles – soit, pour ces dernières, 7 fois plus qu’il y a 5 ans. 


Ces chiffres ont été dévoilés le 16 janvier par la branche Accidents du travail et maladies professionnelles de l’Assurance Maladie, dans son bilan « Santé travail : enjeux et actions ». Celui-ci révèle une progression continue des troubles psychosociaux d’origine professionnelle depuis 2011, et ce, dans un contexte global de réduction de la sinistralité au travail. La part des affections psychiques rapportée à l’ensemble des accidents du travail est ainsi passée de 1 à 1,6 % entre 2011 et 2016.


LES FEMMES ET LES EMPLOYÉS, PREMIÈRES VICTIMES 


Le secteur médico-social concentre à lui seul près de 20 % des cas – alors qu’il n’emploie que 10 % des salariés. Suivent les transports (15 %) et le commerce de détail (13 %). Ces trois secteurs d’activité ont en commun un lien avec le public. Particulièrement représentées dans ces secteurs à risque, les femmes sont logiquement les plus touchées (près de 60 % des cas). Les employés sont la catégorie socio-professionnelle la plus exposée et l’âge le plus vulnérable estimé à 40 ans. 
Deux types d’événements déclencheurs ont été identifiés, dans des proportions à peu près égales. D’une part, un choc ou un stress lié à une situation violente exogène sur le lieu de travail (agression, menaces, attentat…) ou à un accident de la voie publique. D’autre part, des conditions de travail intrinsèquement difficiles (situation de harcèlement, conflit entre personnes…).


MIEUX RECONNAITRE ET MIEUX ACCOMPAGNER


Ces situations peuvent avoir de fortes répercussions sur la santé des victimes : maladies cardio-vasculaires, troubles musculo-squelettiques, troubles anxio-dépressifs, épuisement professionnel, voire suicide. Elles ont également un impact sur l’organisation des entreprises. Avec 112 jours en moyenne – et 400 jours pour les affections reconnues comme maladie professionnelle –, les durées d’arrêt de travail observées sont bien plus longues que pour les accidents de travail d’autre nature (65 jours). 
D’où les pistes d’action envisagées par l’Assurance Maladie dans son rapport. L’organisme invite ainsi les entreprises à mettre en place une démarche de prévention efficace et durable, notamment dans les secteurs les plus à risque, et entend renforcer l’accompagnement des victimes, en encourageant la déclaration des sinistres et le retour à l’emploi des victimes dans un cadre sécurisé. 


CHIFFRE CLÉ 

230 millions d’euros
C’est le coût qu’a représenté la prise en charge des affections psychiques liées au travail par l’Assurance Maladie en 2016.

Source : rapport « Santé travail : enjeux et actions » de l’Assurance Maladie, janvier 2018